Jeanne d'Arc
out devint flou, puis noir, les filles ouvrirent les yeux, elles étaient en pleine campagne .
« Où sommes-nous? Interrogea Pauline, méfiante.
_Regardez ce drapeau à fond bleu parsemé de fleurs de lys dorées en haut des remparts au loin, las-bas .Ne serait ce pas le drapeau anglais? S'écria Kahina en pointant le sud du doigt.
_Mais oui tu a raison, affirma Margot. »
Et elles se dirigèrent vers les portes de la ville , mais elles étaient gardées par des soldats armés jusqu'aux dents. Impossible de leur demander de nous laisser entrer.
« Faisons le tour pour trouver une autre entrée, proposa Pauline . »
Elles se mirent donc en route pour contourner les fortifications. Mais vite, elles furent obligées de constater que les remparts étaient aussi bien entretenues que surveillées et impossible à escalader avec leur murs immenses.
A ce moment, une paysanne passa vêtue d'un bliaud d'un rouge sombre et d'un foulard beige sur la tête ,portant deux paniers en osier .
« Puis-je vous être utile? Questionna la femme, en nous examinant attentivement.
_Nous aimerions bien entrer dans la ville ,mais les soldats ne vont sûrement pas nous laisser pénétrer...Soupira Kahina.
_Pour sûr ! Ces Anglais sont très méfiants, ils ne veulent pas risquer une révolte. En plus aujourd'hui est leur jour de gloire! Ajouta la femme.
_Pourquoi ? Demanda Pauline.
_En ce jour de grâce du 31 mai 1341, la pucelle d'Orléans comme on l'appelle , sera brûlée vive pour hérésie et sorcellerie.
_Qui ? Où ?
_Mais d'où sortez-vous ?!
Tout le monde le sait ! La jeune fille qui a levé le siège d'Orléans et fait sacrer Charles VII à Reims, a été arrêtée à Compiègne, jugée en secret et bientôt brûlée pour hérésie ! Hélas, il est évident que si elle doit mourir c'est parce qu'elle fait peur aux Anglais et au Clergé !
_Et personne ne fait rien ? S'indigna Margot,
_Non, le roi l'a désavouée en ne payant pas la rançon, après tout ce qu'elle avait fait pour lui ! Et nous ne pouvons pas nous mesurer encore une fois aux Anglais, la guerre nous a affaiblie . A Rouen, la famine a été terrible ! Nous avons vu nos amis, notre famille, nos voisins mourir .Tous ! Ils sont morts à la guerre ou morts de faim depuis ce tragique jour d'octobre 1337 où commença cette maudite guerre . Vous me plaisez, votre révolte se lit dans vos yeux, je vais vous faire passer pour mes jeunes cousines, venez m'aider, prenez ces paniers de pomme et d'oeufs que je vais vendre aux halles. »
Et les trois filles entrèrent par la porte Sainte-Apolline en suivant leur charitable amie jusqu'à la place principale où la paysanne les laissa avec un ''que Dieu vous garde''.
Les rues étaient étroites, sombres et malodorantes on entendait le caquètement des poules et le grognement des cochons .
« Venez, venez voir sur la place du Marché aux Veaux, Jeanne d'Arc se fait brûler cruellement ! Hurla un paysan vêtu d'une tunique beige avec des braies qui rattachent des housseaux verts. »
Il ne put finir sa phrase car un soldat l'attrapa et l'emmena à l'opposé des filles, en le menaçant de sa lance.
« Allons-y , déclara Margot, c'est peut-être notre ticket de sortie de ce monde étrange. »
C'est ainsi qu'elles se retrouvèrent sur une place où il y avait foule, avec au centre un haut bûcher, où une jeune fille d'à peine 20 ans était liée à un poteau. Elle paraissait savoir ce qui l'attendait mais son visage était serein, cette jeune femme n'avait pas peur de la mort;
Autour d'elle s'activaient des hommes d'église, sûrement des abbés . C'étaient les juges de l'inquisition. L'un d'entre eux commença le dernier interrogatoire de la pucelle:
« Quand vous vîntes à Orléans, aviez-vous un étendard ?
_Un étendard semé de fleur de Lys. Il portait ces deux mots: Jésus, Maria, répondit Jeanne impassible.
_Que préféreriez-vous, votre étendard ou votre épée ?
_Mon étendard, bien évidement, quand j'attaquais les ennemis, je le tenais en mains fermes mais je n'ai jamais tué personne.
_Quelle armée vous confia le roi, quand il vous mit à l'oeuvre ? Interrogea l'évêque.
_10 à 12 000 hommes, murmura la pucelle.
_Étiez-vous sûr de lever le siège d'Orléans ?
_Oui, Dieu me l'avait prédit et je l'avais révélé à mon roi.
_Un dernier mot ?demanda Pierre Cauchon, l'un des évêques.
_Amen. »
Le bourreau alluma le bûcher. On entendit crier :
« Pierre Cauchon traître ! »
Les filles décidèrent qu'il était temps de partir car les cris de douleurs atroce de Jeanne d'Arc devenait insupportable ,
Comment allons-nous repartir? Demanda Margot.
_Parcourons les rues...proposa Pauline. »
Et les trois filles se mirent en route et se dirigèrent vers la rue principale. Elles observaient la foule composé de jongleurs, ménestrels, mendiants, artisans ect,,, qui marchait à grand pas vers le bûcher. Elles avaient l'air un peu perdues car un vieillard assis a même le sol leur demanda :
« Vous ne connaissez pas Rouen? Questionna un vieillard assis à même le sol.
_Oui, enfin, non ! Bafouilla Kahina.
_Cette ville était prestigieuse avant ! Mais maintenant la ''Justice'' tue des gamines.
Cette guerre est horrible, nous crevons de faim...! Hélas ! Énormément de maison ont brûlé, on retrouve encore de la poudre de canon. J'ai même ramassé un boulet, bon Dieu qu'ils sont lourds !
_Oh ! Pouvez-vous nous le montrer ? S'il vous plaît !
_Oui, répondit l'homme, venez je vous emmène chez moi, hors des remparts »
Il sortirent de la ville et virent une humble maison de paysan faite de torchis avec un toit en chaume.
«Le chergé aussi nous a trahis ,reprit-il, Dieu devrait avoir honte de ses ''représentants'' sur Terre. »
En s'approchant de la maison, Pauline, Kahina et Margot remarquèrent devant la porte sa femme qui filait la laine provenant certainement d'Angleterre.
Elles le suivirent dans son jardin, et passèrent devant plusieurs massifs fleuris.
« Nous avons disposé ces massifs pour nous rappeler à jamais que nos enfants sont morts avec leurs fils. Ils reposent au cimetière. »
Il avança un peu et se mit a pousser le boulet.
« Allez-y touchez le ! S'exclama le vieux. »
Alors Pauline posa son doigt...
Et elle disparue sans laisser le temps à ses amies de répliquer, les deux autres firent pareille...